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Union laïque
Voilà longtemps que la rentrée n'avait pas été aussi semée d'embûches et d'incertitudes pour un gouvernement et le président de la République. En premier lieu, la scène internationale ne laisse plus aucun répit et se moque des vacances d'été. Après les bons moments de la libération d'Ingrid Betancourt, après l'annonce de l'arrestation de l'insaisissable Rodovan Karadjic - ex-chef des Serbes de Bosnie, recherché par le Tribunal pénal international - sont arrivées des nouvelles amères qui ne seront pas sans conséquences sur la politique nationale et européenne.
Une sensation de ne plus rien dominer
Le Chef de l'État, président en exercice de l'Union européenne, a d'abord dû s'employer pour obtenir la cessation des combats entre les Russes et les Géorgiens. Et l'on a redécouvert qu'à nos portes demeuraient des ambitions impériales. Ensuite, le Président va devoir gérer les conséquences intérieures de la mort de dix soldats français en Afghanistan. Une présence française qu'il a voulue plus forte malgré les protestations d'une partie de la classe politique.
Ce climat extérieur chaotique, cette impression d'un retour de la Guerre froide, créeront forcément une ombre supplémentaire sur le moral des citoyens, certes prioritairement tournés vers leurs problèmes domestiques. Qu'elle est agaçante, cette sensation de ne plus rien dominer. Pendant sa campagne, Nicolas Sarkozy avait assuré, d'un ton martial, qu'il irait chercher la croissance « à la fourchette » et soulevé bien des espoirs.
Las, la croissance est en berne, le commerce extérieur flageolant. Au dernier trimestre, le Produit intérieur brut a même reculé de 0,3 %, ce qui implique des conséquences en cascade sur les rentrées fiscales, donc sur la dette, donc sur les marges de manoeuvre du gouvernement. La gauche, toujours aussi peu visible, crie « récession », la majorité « gardons notre sang-froid ». François Fillon, qui a interrompu ses vacances pour tenir une réunion de crise, ne veut pas entendre parler de relance, d'abord parce qu'il n'y a pas d'argent dans les caisses. Pour le gouvernement, c'est l'accélération des réformes déjà entamées qui permettra de muscler l'économie.
Ou l'on apprend, une fois de plus, qu'aujourd'hui, les questions d'intendance qui pèsent sur le portefeuille - celles qui ont un effet sur les humeurs du consommateur-électeur - sont largement déterminées en dehors de notre pré-carré national. Il y a ceux qui s'adaptent à la mondialisation et peuvent voler de leurs propres ailes et ceux qui peinent. Les bataillons des petits, dont la colère peut monter vite. C'est à ceux-là que s'adressent les mesures de soutien au pouvoir d'achat. Mais que la marge de manoeuvre est faible...
Jacques ROUIL
Ouest France ( 21/8/08)
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