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Union laïque
LONDRES CORRESPONDANT
Licenciements, mégafusions, plans d'urgence de sauvetage avec la bénédiction des pouvoirs publics : la crise du crédit accélère la restructuration du système bancaire britannique.
Ainsi, l'autorité britannique des services financiers (FSA) est à la recherche d'un repreneur de la caisse hypothécaire Bradford & Bingley sous perfusion de la Banque d'Angleterre. Deuxième enseigne en difficulté, HBOS, au profil similaire, s'est vendue à Lloyds TSB avec la bénédiction du gouvernement, malgré les entraves à la libre-concurrence créées par cette fusion. Le nouveau mastodonte, qui va écraser la banque de détail, le marché hypothécaire et l'assurance-vie, est jugé surdimensionné pour un marché domestique qui s'est fortement contracté.
La Royal Bank of Scotland (RBS) craque de toutes parts. A la fois banque commerciale et d'affaires, le géant écossais s'est fortement endetté en rachetant trop cher le néerlandais ABN Amro. Même le numéro un, HSBC, pourtant protégé par son ancrage en Asie et en Europe, a annoncé, vendredi 26 septembre, la suppression de 1 100 emplois dans le monde, dont la moitié dans la salle de marché londonienne.
RÉGULATION RENFORCÉE
Tous les regards sont désormais tournés vers la Banque d'Angleterre, qui a alloué une enveloppe de 100 milliards de livres aux banques en mal de liquidités. Par ailleurs, le dispositif permettant à celles-ci d'échanger leurs actifs illiquides contre des bons du Trésor a été prolongé jusqu'au 30 janvier. Les banques ne pouvant ou ne voulant plus se prêter entre elles, leur principale source de financement est désormais le guichet de l'institut d'émission.
Contraint, déjà, de nationaliser en février la Northern Rock, le gouvernement Brown refuse d'envisager un plan de sauvetage comparable à celui d'Henry Paulson, qui risquerait de lui coûter entre 50 et 100 milliards de livres, estiment les experts. Une telle ponction sur les fonds publics propulserait le déficit budgétaire à un niveau supérieur à celui de 1975, quand le Royaume-Uni avait été contraint de tendre la sébile au Fonds monétaire international !
Pour rétablir la confiance, le chancelier de l'Echiquier, Alistair Darling, compte sur son projet de loi de réforme bancaire donnant de nouveaux pouvoirs aux organismes de régulation et qui doit être déposé dès la rentrée parlementaire d'octobre.
Enfin, si le plan Paulson est adopté, les banques britanniques HSBC, Barclays et RBS pourraient récupérer un total de 95 milliards de livres de créances "pourries".
JPMorgan Chase & Co a annoncé avoir repris les dépôts de l’établissement Washington Mutual, première caisse d’épargne des Etats-Unis, plombé par des pertes liées aux crédits immobiliers à risques. Washington assure que l’opération sera sans conséquences pour les clients de WaMu, fondée en 1889 à Seattle.
Un accord sur le plan de sauvetage aurait pu éviter cette faillite d’une ampleur sans précédent dans le secteur bancaire américain. La recherche d’un éventuel repreneur a pâtit des doutes suscités par les négociations sur ce plan.
Le camp démocrate a accusé jeudi John McCain d’avoir plongé les négociations sur le plan de sauvetage du système financier américain dans la tourmente en souscrivant à un projet alternatif, tandis que les autorités prononçaient la faillite de
Jeudi, un accord semblait imminent jusqu’à la réunion organisée à la Maison blanche en présence du candidat républicain à la présidence John McCain, de son rival démocrate Barack Obama et de parlementaires des deux camps. Des représentants républicains ont alors présenté un plan alternatif auquel McCain a apporté son soutien, selon le camp démocrate.
"Je ne crois pas que nous ayons un accord", a résumé le sénateur républicain Richard Selby, à l’issue de cette réunion d’urgence. D’autres parlementaires estiment que l’accord ne pourra être conclu avant le week-end.
Le plan alternatif avancé par l’aile conservatrice du groupe républicain propose au gouvernement de garantir une moitié des actions liées aux crédits qui ne sont pas assurées et invite le Trésor à collecter des primes auprès de leurs porteurs pour financer ces garanties.
Il prône en outre des baisses d’impôts temporaires et invite les institutions financières parties prenantes du programme à davantage de transparence.
Lactalis, deuxième groupe laitier mondial et premier fromager européen, a décidé de fermer le site historique de fabrication des camemberts Lepetit à Saint-Maclou (Calvados) en raison d’une baisse des ventes.
La fermeture du site, créé en 1890 par Léontine et Auguste Lepetit, interviendra "d’ici la fin d’année", a indiqué à l’AFP Luc Morelon, directeur de la communication du groupe basé à Laval.
Il a expliqué la baisse des ventes, qui remonte "au début 2008", par la "forte hausse des prix du lait, qui a fait passer au camembert le seuil psychologique des deux euros", mais aussi par "les attaques" subies selon lui par la marque Lepetit dans les médias depuis qu’elle a quitté l’appellation d’origine contrôlée (AOC) Camembert de Normandie.
Sur les 93 salariés de Lepetit à Saint-Maclou, 26 conserveront leur emploi sur place pour assurer la collecte de lait. Les autres seront redéployés sur un site voisin de Lisieux (Calvados) dans le Pays d’Auge, où se poursuivra la fabrication des camemberts de la marque, a indiqué Lactalis.
Pour Philippe Lepetit, dernier membre de la famille fondatrice à avoir dirigé l’entreprise avant son rachat par Lactalis en 1978, la chute des ventes est avant tout liée à l’abandon de l’AOC en mars 2007. Les dirigeants de Lactalis "ont joué au poker et ils ont perdu", a-t-il affirmé.
Lactalis et Isigny-Sainte-Mère, qui pèsent à eux deux 80% du camembert AOC, avaient décidé de sortir de l’AOC certains de leurs produits (dont Lepetit) après avoir réclamé en vain l’abandon de l’obligation de lait cru pour l’obtention du label. Invoquant des raisons sanitaires, ils réclamaient le droit de chauffer ("thermiser") ou micro-filtrer le lait.
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