Comment mettre concrètement la crise au service des profits
Laurence Parisot, présidente de MEDEF
Bloquer les salaires
Le ton est péromptoire et définitif. Pour la présidente de l'organisation patronale, si relance il doit y avoir pour sortir de la crise, "cela ne peut être une
relance par la consommation" , qui aggraverait la situation. Pas question donc de redonner du pouvoir d'achat aux salariés. Ni en augmentant les salaires ni, par exemple, en baissant la TVA sur
certains produits, à l'exemple de ce que pourrait faire Gordon Brown en Grande-Bretagne.
La dame de fer du patronat français estime au contraire "qu'il faut absolument, si l'on veut freiner les délocalisations, si l'on veut empêcher les fermetures,
penser une relance qui stimule la production". Autrement dit, en plus de la rigueur salariale, de nouveaux cadeaux fiscaux au patronat. Qui a dit que l'on ne pouvait pas avoir le beurre et
l'argent du beurre ?
Xavier Bertrand, ministre du Travail
Gagner moins et travailler le dimanche
Dans la ligne droite de son "travailler plus pour gagner plus" c'était l'un des thèmes de campagne préféré du candidat "Nicolas Sarkozy - le président de la
République expliquait : " Pourquoi empêcher celui qui le veut de travailler le dimanche ? " Le travail dominical, c'est un jour de croissance en plus, c'est du pouvoir d'achat en plus…" La crise
économique permet maintenant au gouvernement d'aller encore plus loin. Le travail du dimanche n'est plus présenté comme un moyen de gagner du pouvoir d'achat mais de ne pas en perdre.
Xavier Bertrand, le ministre du Travail, a vendu la mèche. Il explique, pour justifier le travail du dimanche, qui doit être examiner en décembre à l'Assemblée
nationale, que "le risque est réel pour les milliers de salariés de perdre 15 à 25% de leur rénumérations".
Angel Gurria, secrétaire général de l'OCDE
Casser les CDI
" L'Espagne, qui s'apprête à entrer dans la récession, dispose de certains atouts pour surmonter la crise ": un jugement de l'Organisation de coopération et
développement économiques (OCDE) qui pourrait appaître comme une bonne nouvelle pour les espagnols.
Mais ce pays "doit adopter des réformes structurelles", précise l'OCDE. Et de préconiser que l'Espagne diminue la protection des salariés ayant un contrat à durée
indéterminée, limite la hausse des salaires, diminue la réglementation dans le secteur des caisses d'épargne, améliore la concurrence dans certains secteurs et accroisse l'autonomie des
établissements scolaires… Une vieille thérapie libérale de choc dont on sait qu'elle ne fera qu'aggraver les conditions de vie des espagnols.
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