Education : suppressions de postes, gros dégâts à tous les étages

Les enseignants sont appelés à la grève mardi par la Fédération FSU, majoritaire, ainsi que la Ferc-CGT et Sud-Education. Les organisations lycéennes Fidl et UNL, et l’Union des étudiants de France (Unef) s’y sont jointes.

Les 16.000 suppressions de poste prévues en 2010 sont le principal grief des syndicats qui comptent 50.000 postes détruits en trois ans et demandent une revalorisation des salaires et la révision de la réforme de la formation des enseignants.


Dès sa prise de fonction, Luc Chatel a mis fin au relatif espoir né après le départ de Xavier Darcos de la rue de Grenelle : non, il ne compte pas revenir sur le dogme du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Résultat : le projet de budget 2010, débattu actuellement au Parlement, prévoit bien 16 000 suppressions de postes dans l’éducation.

Qui viendront s’ajouter aux 13 500 de 2009, aux 11 200 de 2008… Au final, depuis 2002, ce sont près de 62 000 postes qui auront été supprimés dans les écoles, collèges et lycées. Un constat qui pousse la FSU et la Ferc CGT à réclamer « des recrutements à la hauteur des besoins ».

Car sur le terrain, les répercussions de cet « appauvrissement sans précédent de l’école publique », dixit le SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire, se font sentir de manière toujours plus aiguë. Pour essayer de maintenir dans les classes un taux d’encadrement vaguement identique d’une année sur l’autre, le ministère a, en effet, décidé de rogner en priorité sur tous les postes qui ne sont pas directement devant les élèves, ou ceux liés à des matières jugées secondaires. Enseignants détachés dans les musées ou les centres de documentation, profs chargés d’organiser des classes découvertes, maîtres spécialisés dans l’aide aux enfants en difficulté (Rased), profs de langue ou de technologie… Ceux qui représentaient, naguère, une richesse pour l’école publique sont devenus les premières victimes des coupes claires. Á titre d’exemple, depuis 2006, on compte ainsi, chaque année, seulement 415 embauches de profs de sport pour en moyenne 1 250 départs à la retraite. Soit le non-remplacement d’un fonctionnaire sur… trois ! Autre cible privilégiée du ministère : les titulaires remplaçants. Entre 5 000 et 10 000 postes ont disparu ces dernières années. Occasionnant de gros désordres dans les établissements, notamment du secondaire. « Les inspections académiques attendent souvent quinze jours avant de se préoccuper de trouver un remplaçant, ne cesse de dénoncer Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE. Quinze jours, cela représente dix heures de français en moins ! » Du côté des enseignants, cette pénurie pèse lourd au quotidien. Les conclusions du questionnaire publié début octobre par quatre syndicats de la FSU sont sans appel : « La profession est plus que jamais sous pression. »

 

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Ecoles primaires : 30 à 40% des enseignants en grève mardi

De 30 à 40% des enseignants des écoles maternelles et élémentaires seront en grève mardi, a annoncé lundi le SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire, à partir de premières estimations établies dans un tiers des départements.

Il s’agit pour le SNUipp d’"une première mobilisation significative" de cette année scolaire, organisée dans le but d’"annuler" les 16.000 suppressions de postes de professeurs prévues pour 2010, obtenir une "véritable" revalorisation des salaires et avoir une formation plus axée sur la pédagogie.

Le syndicat prévoit des grèves fortes en Seine-Saint-Denis (65% de grévistes selon son comptage), dans la Drôme (55%) ou encore dans les Alpes-Maritimes, la Creuse et la Savoie (50% dans chacun de ces départements).

La loi de 2008 sur le droit d’accueil en primaire en cas de grève oblige les communes à organiser un accueil des élèves à partir du moment où plus de 25% des enseignants d’une école se sont déclarés grévistes.

Les fédérations syndicales FSU et Ferc-CGT ont conjointement appelé à la grève de mardi les professeurs du primaire et du secondaire et elles prévoient des manifestations à Paris et en province.

L’Unef, première organisation étudiante, mécontente des derniers arbitrages sur la réforme de la formation des enseignants, a de son côté appelé les étudiants à rejoindre les cortèges.

 

 

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